Cedric PERNET - Computer Security, Forensics, Malware & Cybercrime

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vendredi, février 5 2010

CERT Societe Generale becomes member of the FIRST !

I am hereby very proud and satisfied to announce you here that the CERT Societe Generale has become accredited by the FIRST.

CERT Societe Generale becomes the first-ever french private company to join the FIRST.

But what is the FIRST ? FIRST stands for "Forum of Incident Response and Security Teams", an international organization built of multiple computer incident response teams. To become accredited, one has to fill a lot of technical and administrative requirements. Moreover, the team must be sponsored by two other members of the FIRST.

This amazing event is the result of the hard work from a lot of passionate people during the last years. The complete list of FIRST members can be found here.

If you can read french, an excellent article about it can be found here.

mercredi, février 3 2010

CERT Société Générale accrédité par le FIRST

C'est avec une immense joie et une satisfaction non dissimulée que je rédige ce petit post pour vous signaler que le CERT Societe Generale vient d'être accrédité par le FIRST.

CERT Société Générale devient donc le premier CERT d'entreprise française a obtenir cette accrédition.

Mais qu'est-ce-que le FIRST me direz-vous ? le FIRST (Forum of incident Response and Security Teams) est une organisation regroupant à une échelle mondiale des cellules de réponses à incidents de sécurité informatique ayant satisfait à ses exigences. Pour en devenir membre, il faut être parrainé par deux autres équipes membres, et répondre à de nombreux critères : respect de la confidentialité des données, processus clairs et précis de réponse à incidents, volonté d'aider la communauté de façon désintéressée, etc.

Cette accréditation est le fruit d'un travail de longue haleine, sur plusieurs années. Nul doute que dans un avenir proche, d'autres entreprises françaises viendront se greffer elles-aussi sur le FIRST. La liste complète de ses membres se trouve ici.

Un excellent article sur le sujet vient d'ailleurs d'être publié sur CNIS-MAG, dont je vous recommande la lecture.

mercredi, novembre 25 2009

Site web : CERT Societe Generale

Petit post rapide pour signaler l'existence du nouveau site web du CERT (Computer Emergency Response Team) Société Générale.

Ce nouveau CERT français est composé d'une équipe de passionnés, très impliqués dans la sécurité informatique. Ce CERT est dédié à la réponse à incidents, à la prévention de fraudes sur Internet, et à l'investigation sur des cas de fraude au niveau mondial.

N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse de courriel indiquée sur le site web. Clef PGP disponible.

CERT Societe Generale

A quick post here to announce the brand new website of the Computer Emergency Response Team (CERT) Societe Generale.

This new french CERT is composed of a team of passionate people, deeply involved in computer security. This CERT is dedicated to incident handling, cybercrime prevention and investigation worldwide.

Feel free to contact us at the e-mail address given on the website. PGP key available.

mardi, octobre 6 2009

Les surprises d'URLZone

Récemment une étude de Finjan a généré un buzz médiatique assez important autour d'un malware connu sous les alias d' URLZone ou encore de Bebloh.

Ce malware est un cheval de Troie bancaire, un code malveillant conçu et développé pour voler vos identifiants bancaires. Mais plus que ça, ce malware dispose de la capacité de générer des transactions bancaires "à la volée". Lorsqu'une victime se connecte sur son compte bancaire et génère un virement bancaire légitime, la requête est interceptée de façon transparente par le malware. Ce dernier modifie les informations de transaction, et envoie de l'argent vers une mule. (Une mule est un intermédiaire recruté par les fraudeurs, qui reçoit l'argent détourné et le renvoie vers les fraudeurs, souvent par Western Union, vers un pays exotique ... La mule conserve un faible pourcentage de la transaction, de l'ordre de 3 à 8% généralement)

Plusieurs familles de malware ont ce comportement, qui n'est pas nouveau. Une amélioration plus récente embarquée dans URLZone est de "truquer" la confirmation de virement et le relevé en ligne.

Encore plus étonnant, le malware, avant d'effectuer son détournement de fonds, vérifie...l'état du compte bancaire ! Le virement effectué par le malware tiendra compte de plusieurs paramètres dont le solde du compte, afin de minimiser les chances d'être découvert : le compte restera positif et les montants prélevés sont plutôt minimes. Brillant.

Enfin, dans le cas où la fraude est détectée par la victime ou par sa banque, suit logiquement le dépôt de plainte de la victime. Mais là encore, les fraudeurs déploient un dernier atout dans leur code pour augmenter les chances de passer inaperçu et perturber les enquêtes judiciaires... En effet, l'une des pistes utilisée par les enquêteurs est de suivre le parcours de l'argent : les sommes virées par le malware vont vers des mules identifiables. Les forces de l'ordre peuvent suivre ce parcours en demandant aux banques de leur transmettre les coordonnées des comptes bancaires des mules. Seulement, sur une enquête impactant des centaines de victimes, les services judiciaires font de la récolte de mules en accumulant les plaintes, et peuvent passer à côté de mules qui ont reçu de l'argent de victimes qui ne se sont jamais rendues compte de l'escroquerie...

Une méthode alternative serait donc d'infecter des machines dans des environnements de tests, afin de voir les transactions s'effectuer vers les mules (en les empêchant de passer bien entendu).

C'est là qu'intervient à nouveau l'ingéniosité des auteurs de ce malware : lorsqu'il détecte un environnement de test, au lieu de ne plus rien faire comme la plupart des autres malware, il reste actif et génère des virements... vers des victimes innocentes ! Ainsi, les chercheurs souhaitant collecter de l'information sur les mules se retrouvent dans un cul de sac... Et les forces de l'ordre vont perdre un temps précieux à enquêter sur des personnes qui n'ont rien à voir avec le schéma frauduleux d'URLZone.

Le ou les auteurs de ce malware nous démontrent, s'il était encore besoin de le dire, que les chevaux de Troie embarquent de plus en plus de techniques qui leur assurent non seulement des taux d'infection et une furtivité accrue, mais également des techniques qui augmentent leurs chances de ne jamais se faire arrêter.

mercredi, septembre 30 2009

Etude de réseaux d'affiliation : les Partnerka

Dmitry Samosseiko de Sophos s'est penché sur un type de cybercriminalité qui, bien que n'étant pas récent, n'a pas fait l'objet de beaucoup d'études quant à présent. Il s'agit du phénomène de l'affiliation.

Le principe est simple, et issu du marketing : des internautes disposant de sites web sont rémunérés par des sociétés d'affiliation ou des webmarchands afin de leur amener du trafic. Plus vous amenez de visiteurs à votre affiliant, plus vous gagnez d'argent.

Le hic, c'est que des cybercriminels utilisent l'affiliation de façon frauduleuse, et ce depuis plusieurs années, le phénomène n'étant pas nouveau mais faiblement documenté sur Internet.

L'étude de Sophos se concentre donc sur le déploiement de l'affiliation dans un cadre totalement illicite : l'affiliation vers des produits illégaux. En tête de liste, les sites de contrefaçons, qu'elles soient de produits pharmaceutiques (Viagra, Cialis, Levitra etc.), ou de produits de luxe (montres, sacs à mains etc.) ... D'autres sites ayant un fort besoin de trafic ne sont pas forcément illégaux mais encouragent des méthodes douteuses d'affiliation: casinos sauvages, sites pornographiques etc.

Et bien sûr, phénomène très en vogue ces derniers temps : les sites de "rogue anti-virus" ou "rogue AV".

Quoi qu'il en soit, même si certains sites sont à priori légaux, les méthodes déployées par les affiliés pour amener du trafic le sont moins :

  • Spam par milliards d' e-mails, avec un lien menant vers le site qui contient le numéro de l'affilié et lui permet d'empocher ses gains. Ces liens peuvent se présenter sous une forme très simple : un clic sur http://monsitepr0n.com/index.php?aff=123456789 indiquera au site monsitepr0n.com que le visiteur a été envoyé par l'affilié numéro 123456789 ... Cette méthode est de moins en moins déployée cependant, n'étant pas très discrète...
  • Malware de type chevaux de Troie (trojan) : l'utilisateur infecté effectue des recherches sur Google par exemple, et ne se rend pas compte que les résultats sont générés par le malware afin de pousser des liens vers les affiliants en premiers résultats...
  • Black-hat SEO (Search Engine Optimization) : Il s'agit ici de déployer un ensemble de techniques de SEO pour amener du trafic vers les affiliants : spams sur forums, Spamdexing, utilisation de divers logiciels de SEO, etc. Il n'est vraiment pas difficile de trouver des sites sur le sujet, avec forums, même en français ...
  • Génération de faux sites : les fraudeurs créent au moyen d'outils des sites qui référencent des mots-clefs très spécifiques amenant de nombreux visiteurs, et essayent de les pousser à cliquer sur n'importe quel lien, qui mène toujours à un affiliant... La méthode a en plus l'avantage de faire monter les sites affiliants dans les moteurs de recherche ...

L'exemple de GlavMed pris par Sophos est très intéressant : Glavmed fournit clef en main tout le nécessaire pour déployer un site de type "Canadian Pharmacy" rapidement ... Il ne reste plus qu'à générer du trafic, et par ici la monnaie...

J'en reste là, mais je vous encourage fortement à lire cette étude. Je m'excuse également de vous la signaler aussi tard (elle a été publiée il y a une bonne semaine) mais comme vous le savez je ne blogge que sur mon temps libre, et je n'en ai pas beaucoup en ce moment... D'ailleurs je me suis senti obligé de sacrifier ma pause déjeuner ce midi pour écrire ce petit post, j'espère que vous apprécierez ce geste à sa juste valeur ;-))

Plus sérieusement, cette étude a malheureusement été très peu relayée par les médias français. Il semble que la seule information qui ait été retenue et reprise soit le fait que chaque installation d'un malware sur Mac était rémunérée 0.43 $. Je trouve ça un peu dommage, pour un papier dont la lecture est aussi agréable et intéressante.

Enfin, si le sujet vous intéresse, notamment l'aspect pharmaceutique, je vous encourage si ce n'est déjà fait à lire les travaux de Guillaume Arcas dans MISC. Guillaume, que je salue au passage, a bien creusé le domaine, et apporte des éléments vraiment pertinents. Un must :-)

lundi, septembre 7 2009

0wn3d...Or not !

Recently I attended the SANS GCIH (GIAC Certified Incident Handler) courses in London. I don't want to make too much advertise for it, it is not the goal of this post but anyway, it's a great course and I had a great time there.

Of course, when you're in a room full of other people learning about compromising computers, you expect strange things to happen on the wireless network.

And something strange happened to me during the second day of the course : my computer couldn't connect anymore to the network. I tried to figure out what was happening but couldn't find any problem.

The machine was an XP SP3, fully patched. I'm not using Windows usually (except at work), but it was better for the course. Anyway, I switched to an Ubuntu and had the same trouble : no connection.

Since it was the end of the day, I got back to my hotel and came back early the next morning, to try to fix the problem. I talked about it with someone from the SANS staff, Tomasz, and he told me he had noticed a strange behaviour from one machine, which was sending a hell of a weird trafic, almost taking all the bandwidth. The machine had quickly been blacklisted on the wireless network, according to its MAC address. And guess what ? The MAC address was my wifi card's one.

Well of course, as an incident handler, I immediately thought : hell, I've been compromised. After telling the SANS dudes I had not been running anything special on my machine and not knowing what was up, we decided to have a look at the trafic sent by my machine. It was sending packets on the network like crazy, but there were only two kind of packets : "BROWSER Election Requests", and "Local Master Announcement" ...

Screenshot.jpg

This was definitely not the behaviour of a malicious attacker or malware. For a moment I thought it was a hardware problem with my network card, but under Ubuntu there was no such behaviour.

Anyway, I ended the GCIH course using my Ubuntu, with an XP under VirtualBox.

I left the course on the saturday afternoon, after the capture the flag event (which was really great btw), but I told Tomasz that I would keep in touch, and would investigate the machine later on.

I didn't touch the machine for some weeks (you know this feeling, when you've always got something else to do and can't fight it...) and then I decided I would look at it quickly : I made a full dd of the Windows partition, and decided not to follow the usual forensics rules and just boot the machine. After all, it was mine, and I had a dd in case I would have time to do real forensics on it.

Together with my friend David Bizeul, who was interested in the case, I had put the machine on a hub with another machine, running a network sniffer. The results were the same than before : the machine started to send these crazy packets again, eating a good 25% of the bandwidth I had (10M).

A quick jump in command line, to see more about the activity, immediately proved something was definitely wrong :

1-1.png

All of my UDP ports (except the 256 first ones) were opened, by a unique process.

Now what was the process exactly ? Look here :

2.png

My machine was not infected by a malware. It was not compromised. You guessed it right, it was just an incompatibility problem between VMware Player and my hardware,which is from an Asus 1000H (eeepc).

The version I was using :

3.png

End of the story... I still wanted to blog about it because it could happen to a lot of other people using the same hardware, and to give a clear answer to my SANS friends about this machine, which had been a curiosity... I'm taking this occasion to say hi to the great people from the SANS : Tomasz Miklas, Terry Neal, Pieter Danhieux... And hi to Ben, and all the nice people I met in London :-)

See ya ! :-)

jeudi, août 27 2009

Etude Trend Micro : A Cybercrime Hub

Trend Micro a publié hier une étude passionnante intitulée "A Cybercrime Hub".

Cette étude nous présente une compagnie estonienne qui sous des apparences légitimes se trouvait être totalement illicite. Cette compagnie, dont le nom est tu par Trend mais qu'il est facile de découvrir en googlant un peu, existe depuis 2005. Ses principales activités sont l'hébergement de contenus web, la distribution de trafic web, et la publicité. Jusqu'en octobre 2008 environ cette compagnie était même agréée par l'ICANN pour enregistrer des noms de domaines Internet.

Les data-center de cette compagnie sont répartis partout dans le monde, sous forme de serveurs achetés ou loués, avec une prédominance aux Etats-Unis. Ainsi, lorsque l'un de ces data-center est fermé, comme ce fut le cas en 2008 à San Francisco (ça ne vous rappelle rien ?) il suffit de basculer ailleurs ... Et de tout remettre en route en quelques heures !

Le quotidien de cette entreprise est en fait entièrement orienté vers la cybercriminalité sous des formes de fraudes diverses et variées. La plupart des jeunes employés de la compagnie, pour la plupart des étudiants ayant une vingtaine d'années et habitant dans la région de Tartu en Estonie, utilisent toutes leurs compétences techniques pour fournir des services frauduleux.

Le document se focalise sur certains aspects techniques déployés par les cybercriminels :

  • Installation et utilisation de serveurs DNS frauduleux (dits "Rogue DNS Servers") depuis 2005. Le principe est simple et efficace. Il s'agit de déployer de multiples serveurs DNS sur Internet, qui présentent tous les aspects d'un serveur DNS légitime, mais dont le comportement est tout autre : chaque requête DNS qu'ils reçoivent renvoient vers des sites frauduleux en lieu et place de sites légitimes.
  • Infection de victimes par un malware de type "DNS Changer". Il s'agit du complément idéal d'un serveur DNS frauduleux : pour que les machines des victimes envoient leurs requêtes DNS vers les serveurs DNS frauduleux, il faut que la configuration de leur machine pointe vers eux. Le malware change la configuration des victimes, qui n'y voient que du pare-feu. Du coup, leurs requêtes DNS légitimes se voient obtenir des réponses telles que souhaitées par les fraudeurs : redirection vers des sites hébergeant d'autres malware, vers des sites de phishing, etc.
  • Détournement des publicités dans les pages web du navigateur de la victime. La plupart des publicités que vous voyez sur Internet lorsque vous naviguez sont en fait hébergées par des tiers. Du coup, les fraudeurs ont pensé à détourner cette caractéristique, de façon transparente pour la victime infectée: alors qu'elle navigue tranquillement sur des sites de confiance, les publicités de ces sites (souvent des "Google ads") sont remplacées par des publicités de sites gérés par les fraudeurs. On pense ici en particulier à la contrefaçon pharmaceutique.
  • Installation de faux anti-virus (dits "Rogue AV") sur la machine de la victime. Les victimes allant vers certains sites contrôlés par les fraudeurs, notamment pornographiques, voient leur accès refusé sous prétexte d'être infectés par un malware. En fait, il s'agit d'un message placé par les fraudeurs eux-même. Le message est suivi d'une proposition de téléchargement d'un logiciel anti-virus. En juillet 2009, environ 100 000 machines se sont connectées sur l'un de ces sites, selon Trend Micro. Bien sûr, l'anti-virus proposé n'est autre... qu'un autre malware. S'il décide en plus de payer la license pour ce prétendu anti-virus, devinez qui récolte l'argent ? Eh oui, ces cybercriminels sont partout...
  • Détournement des requêtes Google des utilisateurs infectés : cette technique donne l'impression à l'utilisateur d'obtenir des résultats Google totalement cohérents, alors qu'en fait ils ont été manipulés par les fraudeurs.

Le papier de Trend Micro nous montre une structure élaborée, avec un intranet particulièrement bien conçu pour être déplacé régulièrement, sans trop entrer dans les détails techniques. La compagnie estonienne dispose de fortes compétences techniques, et sait les déployer et s'en servir de façon efficace. Leur niveau technique est impressionant, mais ce qui m'impressionne surtout, c'est cette capacité à toujours être innovant en termes de cybercriminalité. En seulement 4 ans, cette société a déployé des trésors d'imagination pour générer un maximum de profit.

Les "busts" récents sur un certain nombre d'hébergeurs bulletproof, non pas effectués par les services de Police mais par la communauté de la sécurité informatique et de la cybercriminalité, n'ont finalement eu pour effet sur le long terme que de rendre les cybercriminels plus méfiants, et plus prévoyants : s'attendant à se faire fermer à tout moment, ils sont capable d'apparaitre ailleurs très rapidement. On ne peut que craindre une augmentation de ce type de malveillances, tant que les législations internationales ne seront pas améliorées pour permettre aux forces de l'ordre de migrer ces fraudeurs vers une cellule bulletproof. :-)

mercredi, août 26 2009

Message Labs Intelligence Report - August 2009

Message Labs just published its Intelligence Report for August 2009.

As usual, it is a very interesting paper that I recommend you to read if you're concerned with spam/botnet/malware issues.

This report is especially interesting because it shows us the consequence (in terms of botnet activity) of the takedown of "Real Host", a bulletproof hosting company located in Latvia. This reminds me of something...

The Cutwail botnet for example showed a fall of 90% of its activity in the hours following the takedown.

What we can also notice is an increase of the use of short-urls in spam (mainly by the Donbot botnet).

jeudi, août 20 2009

Infiltration d'un botnet - Cisco

Cisco a publié récemment un document très intéressant intitulé "Infiltrating a Botnet".

Nous y découvrons le travail de l'une des équipes de Cisco, lors d'investigations forensic "classiques" auprès d'un client, dans le but d'en savoir plus sur une compromission du S.I.

L'équipe de Cisco s'est vite rendue compte que de nombreuses machines du client concerné présentaient des symptômes assez alarmants, dont notamment une activité IRC sur un port exotique. Il s'est avéré qu'il s'agissait comme on pouvait le supposer d'un malware, entrant dans un schéma de botnet.

Pour rappel, le protocole IRC (Internet Relay Chat) est l'un des plus vieux protocole utilisé dans le cadre de communications entre des machines compromises (bot) et un serveur (command&control) géré par le ou les fraudeurs. Bien d'autres techniques existent, mais nécessitent plus de travail de la part des pirates. Ce protocole reste largement utilisé pour gérer des botnets "amateurs", les botnets plus professionnels déployant généralement des communications chiffrées.

Après une rapide investigation, de nombreuses machines du client ont été retirées du botnet et "assainies". L'équipe de Cisco s'est alors intéressée directement au fraudeur contrôlant ce botnet. En particulier, ils se posaient des questions sur le niveau de compétence du botmaster : était-il un "script kiddie" ou quelqu'un jouissant d'un bon niveau technique ?

Une seule façon de le savoir pour eux: après avoir surveillé le serveur IRC de contrôle du botnet en se faisant passer pour un bot, les chercheurs ont engagé le dialogue par ce biais avec le pirate. L'échange est assez savoureux. Le pirate en face semble rôdé, croyant que son interlocuteur est un autre botmaster. Du coup, il tient des propos plutôt intéressants. On y apprend que son botnet idle souvent, c'est à dire qu'il est souvent dormant, et que le pirate a récemment vendu quelques milliers de bots (800$ pour 10000 machines). L'activité majeure de ce pirate reste cependant le phishing. Le reste de la discussion tourne autour de l'underground de ce type de cybercriminalité, je vous laisse en prendre connaissance...

Je n'entrerais pas (ou si peu...) dans le troll habituel sur ce genre d'opération... Est-il éthique, pour un chercheur, de se connecter sur un serveur IRC qui est probablement hébergé sur un serveur compromis, pour aller discuter avec un fraudeur ? Les informations qui en sortent sont en tout cas intéressantes.

Enfin, s'il vous venait à l'idée de pratiquer ce genre de chose, je ne saurais que trop vous recommander la prudence : tous les botmasters ne sont pas aussi "zen" que celui présenté dans le document de Cisco. Bon nombre d'entre eux disposent de contre-mesures empêchant les chercheurs de se connecter sur leur serveur IRC, ces contre-mesures lançant généralement une attaque massive de déni de service vers l'adresse IP "suspecte", pour quelques minutes ou quelques heures...

vendredi, août 14 2009

Nouveau blog

Bonsoir à tous,

Comme certains d'entre vous l'auront remarqué, mon blog était indisponible pendant une longue semaine ...

J'aimerais pouvoir dire que je me suis fait rooter comme certains français bien connus du monde de la sécurité informatique, mais il n'en était rien.

L'explication tient comme souvent dans la maladresse de l'admin : j'ai consciencieusement effacé complètement la base de donnée du blog en pensant qu'il s'agissait d'une toute autre base lors d'une opération de maintenance.

J'ai récupéré un backup qui datait de septembre 2008, et j'ai comblé tous les posts manquants depuis cette date par le contenu du cache Google... J'ai tout remis en forme, par contre j'ai perdu vos commentaires sur les derniers posts, veuillez m'excuser... Ca m'apprendra à ne pas faire de backup plus fréquent sur ce blog...

J'en ai profité pour changer l'interface, la dernière ayant subi de nombreuses critiques ...

Les liens en marge ne sont pas à jour non plus, ce sera fait dans les jours prochains...

Et malheureusement, mais c'était un mal nécessaire, le lien vers le flux RSS a changé. Je suppose donc que certains lecteurs qui ne vont jamais sur le blog ne verront pas les nouveaux posts avant un bout de temps :-/

A bientôt pour de nouveaux posts !

samedi, juin 20 2009

50 Ways to Inject Your SQL

Paco Hope just released a remix of the famous Paul Simon song "50 ways to leave your lover".
It's called "50 Ways to Inject Your SQL" and is available on Youtube here.
I like it, it's elegant and funny. Great job, Paco ! :-)
Thanks to Bruno and Marc who made me discover this great song ;-)

mercredi, juin 17 2009

Réseau Golden Ca$h World

Finjan vient de publier son second "Cybercrime Intelligence Report", qui s'avère très intéressant.

Ce document relativement court nous présente le système de rémunération et le mode de fonctionnement d'un réseau de criminels organisés sous le nom Golden Cash World.

Le but de ce réseau est de faire infecter des machines par un malware de type cheval de troie, pour ensuite les revendre.
A cette fin, ils procèdent de la façon suivante:

  • Des "partenaires" (lire ici: "clients") compromettent des sites web légitimes et modifient leurs pages afin qu'ils propagent du code obfusqué.
  • Lorsqu'une victime accède à un tel site compromis, le code est exécuté et tente d'exploiter une vulnérabilité MS08-041. Si l'attaque réussit, un trojan de la famille "Zalupko" est installé sur le poste de la victime.
  • Golden Cash est notifié de l'infection réussie, et le compte du partenaire est crédité d'une infection supplémentaire. Golden Cash rémunère ainsi ses partenaires en fonction de l'emplacement géographique de l'infection, par tranche de 1000 postes infectés : de 100 $ pour 1000 postes en Australie à 5$ pour 1000 postes dans divers pays d'Asie.
  • Le troyen installé permet notamment à Golden Cash d'enregistrer tous les accès FTP à des sites web, et d'en compromettre d'autant plus, par le biais de ses partenaires.
  • Golden Cash vend ensuite les accès aux machines infectées par tranche de 1000 : 500$ pour 1000 postes en Australie, 200$ pour 1000 postes en France, 20$ pour 1000 postes au Japon... Belle marge !


A noter que Finjan a découvert 100 000 accès FTP différents lors de son étude... Les cybercriminels n'auront pas trop de soucis pour trouver de nouveaux sites à compromettre.

mardi, juin 9 2009

Le gros steak n'est finalement qu'une escalope

Sous ce titre très évocateur, je tenais à bloguer rapidement pour partager avec vous une publication de Microsoft Research qui est à peu près passée inaperçue dans la presse française la semaine dernière.
Ce papier, en anglais, est intitulé "Nobody Sells Gold for the Price of Silver: Dishonesty, Uncertainty and the Underground Economy".

Il s'agit d'une analyse pertinente de l'économie souterraine liée à la cybercriminalité. Attention cependant, sont exclusivement considérés dans l'étude le phishing, le carding, les botnets et autres services "directs" fournis par les fraudeurs, et la monétisation de l'argent obtenu par ces biais. Sont donc exclus tous les autres actes de cybercriminalité tels que le vol d'information à la demande (et Marie Barel nous a montré récemment au SSTIC que le vol d'information n'existe pas), le chantage, etc...

Le but premier de ce document est de rompre avec les idées reçues : non seulement les sommes frauduleuses imputées à cette cybercriminalité sont exagérés par de nombreux professionnels du domaine, mais les estimations fournies par ces derniers alimentent le phénomène à l'inverse. Je cite l'étude : "Ironically, defenders (i.e., whitehats, security vendors and members of the security community) actively and energetically recruit their own opponents. By repeating unverified claims of cybercrime riches, and promoting the idea that easy money is there for the taking, we attract new entrants into the lower tier of the underground economy. While they may produce little profit they still generate large quantities of spam and phishing and cause significant indirect costs."

Une autre des idées reçues dénoncée par les chercheurs de Microsoft est le fait qu'il est facile pour n'importe quel fraudeur de monétiser l'argent issu de ces fraudes. Ce n'est heureusement pas le cas. Ainsi, un bon tiers de l'ensemble de ces fraudeurs ne sont que des escrocs sans aucun talent, qui essayent de se procurer des données intéressantes telles que des dumps de cartes bancaires ou des accès à des comptes bancaires en ligne. En réalité, ils se font escroquer eux-même la plupart du temps par des "rippers", une catégorie d'escrocs qui leur revendent des informations périmées ou tout simplement fausses/créées. C'est particulièrement vrai sur certains réseaux IRC : sur une analyse de 490 numéros de cartes bancaires découvertes rapidement sur IRC, 22% ne satisfaisaient même pas à l'algorithme de Luhn.

Toujours sur IRC, certains bots (des programmes destinés à effectuer certaines actions, à discrétion ou pas des utilisateurs leur envoyant des lignes de commandes) servent à vérifier si les numéros sont bons. Là encore la fourberie est de mise, puisqu'un certain nombre d'entre eux retournent des résultats volontairement éronnés, mais envoient les données soumises à un administrateur qui pourra s'en servir ou les revendre, devenant ainsi un ripper...Et je ne parle même pas de ces kits de phishing disponibles trop facilement, mais qui en fait contiennent du code dissimulé qui enverra toutes les données phishées à l'auteur du kit...

Bref, un bon tiers de ces fraudeurs galère finalement pour pas grand chose, voir pour rien, tandis que le reste, plus méthodique et surtout plus structuré quand on arrive sur le tiers supérieur, monétise effectivement beaucoup plus. Le travail collaboratif, en groupes de criminels structurés, apporte ici tous ses avantages aux fraudeurs. Ces derniers ne sont pas sur IRC, mais communiquent sur des forums spécialisés sur lesquels il faut montrer patte blanche, ce qui ne les empêche pas d'entretenir des rivalités. J'ai encore pu constater ça récemment, un célèbre forum de carders en accusant un autre de n'être qu'une façade de certains services gouvernementaux étrangers...

Un beau travail de Microsoft et une lecture très agréable donc, que je ne saurai que trop vous recommander.

lundi, juin 8 2009

SSTIC 2009

Bonjour à tous,

Tout d'abord, merci à Cédric de me laisser quelques pages sur son blog.

Je travaille actuellement dans une structure CERT d'un établissement bancaire français. Nous nous occupons entre autres de réponse à incidents de sécurité informatique et de lutte contre la cybercriminalité. Dans le cadre de ma mission, j'ai eu l'occasion d'assister à l'édition 2009 du SSTIC.

Ceci est le compte-rendu de ma première participation à cette manifestation. L'impression générale que j'ai eue de cet évènement est très positive. L'ambiance était très bonne, et j'ai eu l'occasion de pouvoir échanger avec des gens venant d'industries différentes. J'ai notamment beaucoup apprécié le social event.

Evoluant d'habitude dans un environnement peu technique (en tout cas beaucoup moins que la plupart des participants de ce Symposium), je ne pense pas pouvoir faire aussi bien que d'autres blogueurs bien connus, à moins de reprendre le contenu des actes. Pour cette raison, la suite de cet article présentera les conférences qui m'ont le plus marqué au cours de l'édition 2009 du SSTIC.

Merci de votre indulgence et bonne lecture.

La conférence d'ouverture a été présentée par M. Pascal Andrei, directeur de la sûreté aérienne chez Airbus. Elle a été l'occasion de découvrir une vue métier sur la sécurité informatique dans un environnement aérien. Notamment, la différence entre la sécurité (safety) et la sûreté (security) a été évoquée. La sécurité concerne la conception d'appareils, le développement de composants. En résumé, il s'agit de s'assurer de la fiabilité des appareils, démarche en cours depuis plus de 30 ans chez Airbus. La Sûreté (security) est quand à elle plus récente. Elle distingue la sécurité physique (bombes, passagers clandestins, etc.) et la sécurité informatique. Cette dernière a été un sujet de préoccupation plus récent, qui à coïncidé avec l'entré de composants logiciels dans les systèmes embarqués ainsi que l'informatique de divertissement. Au passage, des connexions à Internet ont été mises à disposition dans l'A380. Les équipements connectés sont bien entendu isolés du reste de l'infrastructure critique. Cette conférence a aussi été l'occasion d'évoquer l'évolution des contraintes de sécurité informatique imposées aux compagnies aériennes en général et à Airbus en particulier. Ainsi, il n'y avait que peu de contraintes sur les appareils conçus avant l'A380. Puis des pentests ont étés mis en place, ainsi que la création d'un CERT interne, dont le but est de surveiller les vulnérabilités pouvant impacter l'infrastructure informatique. Il est aussi question de l'adoption de normes telles que ISO 27000. De manière générale, Les problématiques de sécurité semblent être prises très au sérieux chez Airbus.

Data tainting

Cette conférence, présentée par Florent Marceau du CERT LEXSI, a évoqué une technique d'automatisation d'analyse de code malveillant mettant en œuvre du data tainting. Le principe est de marquer et tracer les données manipulées par un code malveillant lors de son exécution sur une machine victime. Ce traçage s'applique également aux données chargées d'un serveur éventuellement contacté dans le cadre de l'attaque. On peut ainsi contourner les techniques de chiffrements employées par la plupart des malware modernes. En pratique, le code malveillant est soumis à une machine virtuelle pour être analysé. En moyenne, une analyse prend une dizaine de minutes (dans le cas où aucun système de détection de machine virtuelle n'est mis en œuvre par le code malveillant). LEXSI peut ainsi parvenir à analyser entre 2000 et 2500 binaires suspicieux par jour. Un autre challenge à l'analyse est les stimuli qui déclenchent l'activation d'actions malveillantes.

Projet WOMBAT

Symantec a ensuite présenté son projet WOMBAT. Le but est d'obtenir une meilleure compréhension des menaces qui pèsent sur Internet. L'implémentation de WOMBAT consiste en une multitude de senseurs qui ont 2 fonctionnalités principales: identifier les attaques connues dont ils sont la cible et identifier les nouvelles attaques. Les données ainsi collectées sont transmises à un serveur qui procède à l'analyse. Une fois qu'un chemin d'attaque est identifié, il est diffusé à toutes les sondes WOMBAT du réseau. La présentation était émaillée de nombreux graphes et données statistiques.

ACPI et routine de traitement SMI

La démonstration de l'exploitation de failles ACPI et SMI a été très visuelle. Nous avons vu M. Loïc Duflot de la DCSSI obtenir un accès root à une machine en débranchant et rebranchant plusieurs fois le câble d'alimentation de son laptop. Le but était de mettre en évidence deux types de failles. La faille ACPI qui permet à un attaquant de modifier les routines de gestion de la batterie en réécrivant les tables ACPI. La deuxième exploitation présentée était un accès à la routine SMI. L'attaque se produit par une compromission du BIOS.

Questions sur l'utilité de ISO 27001

Alexandre Fernandez-Toro de HSC a dressé un bilan de l'implémentation de la norme ISO 27001. ISO 27001 ne constitue pas un nouveau "nirvana" de la sécurité mais a eu le mérite d'établir un référentiel des bonnes pratiques de sécurité. Ce qui est certifié n'est pas un niveau de sécurité, mais un processus d'amélioration continue de la sécurité. Chercher la certification "pour la certification" n'est pas utile. Il est plus intéressant de voir ISO 27001 comme un modèle vers lequel tendre et de se faire certifier sur opportunité. Présentation intéressante et vivante.

Traçage des traitres en multimédia

Sujet d'actualité évoquant le watermarking (tatouage digital). Le but est d'identifier le ou les utilisateurs à l'origine de la dissémination de copies pirates d'un fichier multimédia. Un fichier multimédia est tatoué différemment pour chaque utilisateur. Le tatouage permet d'identifier quel utilisateur est à l'origine de la fuite. Dans le cas où plusieurs fraudeurs entrent en jeu, il est possible d'identifier les fraudeurs avec un certain degré de probabilité.

Le vol d'information n'existe pas

Il n'est pas reconnu juridiquement. En revanche, la divulgation peut faire l'objet de sanctions. Pour l'entreprise, il est possible de se protéger par le contrat de travail (obligation de loyauté), une politique de classification des documents, une charte utilisateur et une politique de gestion des tiers.

Pourquoi la sécurité est un échec

D'après Nicolas Ruff, la sécurité est un échec. La faute à de mauvaises décisions techniques et organisationnelles, des marchés captifs et un buzz non mérité sur certaines applis de sécurité. La présentation était conviviale et mettait en relief certaines opinions assez partagées dans le monde de la sécurité.

Macaron, une porte dérobée pour toutes les applications JavaEE

Une présentation d'Atos a démontré l'installation d'une backdoor dans une application J2EE via l'insertion d'un jar malveillant dans une Web Archive. Le but était de mettre en évidence un trou dans les procédures d'audit standard. Si la vérification du code est effectuée, il n'y a en général pas de vérification des binaires compilés. Cela met aussi le doigt le champ beaucoup plus large de la sécurité des applications J2EE en général.

Émanation compromettantes électromagnétiques des claviers filaires et sans-fil

La conférence sur la détection des émanations électromagnétiques des claviers a mis en évidence qu'il est possible de détecter les entrées tapées sur un clavier en se basant sur les interférences électromagnétiques produites lors de l'utilisation des touches. Cette technique pourrait permettre d'espionner les entrées clavier à l'aide d'une antenne dans un périmètre de 20 mètres autour de la source. Des recherches sont toujours en cours pour tenter d'étendre le périmètre.

A noter les présentations rumps de Philippe Lagadec de l’OTAN sur la cybersécurité et de Bruno Kerouanton sur la communication.
Pour conclure, ce SSTIC 2009 a été pour moi une très bonne expérience. J’espère la renouveler en 2010.
Vincent Ferran-Lacome

mardi, mai 26 2009

Etude Pushdo by Trend Micro


Après la vague de documents de qualité variable sur le malware Conficker/Downadup/Kido, que je n'ai pas commenté ici par manque de temps, et après l'excellente étude de Torpig de l'Université de Santa Barbara, largement commentée par les médias, j'ai décidé de sortir de ma torpeur et de mon planning plutôt chargé pour partager avec vous un document un peu moins médiatisé mais que j'ai trouvé absolument délicieux : l'étude du malware Pushdo/Cutwail/Pandex réalisée par Trend Micro.

Cet excellent document de 39 pages nous décrit le botnet constitué par le malware Pushdo. Techniquement, ce produit probablement russophone se décompose en deux parties : le downloader, nommé Pushdo, et d'autres modules (payloads) dont le fameux Cutwail, destiné exclusivement à envoyer du spam. Nous y apprenons que Pushdo délivre environ 7,7 milliards de spam par jour, la majorité ciblant la Russie, fait suffisamment étonnant pour être souligné.

Le contenu des spam est varié. Cutwail propage en effet de la publicité pour des sites pornographiques payants, ainsi que pour des sites de contrefaçon pharmaceutique (Canadian Pharmacy), pour des sites de contrefaçon de produits de luxe (replica watches etc.), et spamme même de la publicité pour des commerces russes "locaux". Ainsi, le document de Trend nous montre preuve à l'appui un spam destiné à promouvoir un cabinet d'avocats de Moscou, par exemple. Pushdo envoie même des e-mails pour faire...sa propre publicité.

Ce botnet, qui serait le second plus gros botnet mondial, est géré par des cybercriminels dans un but commercial : proposer leurs services pour envoyer des spam "sur mesure".

Des grilles de tarifs très précises sont d'ailleurs indiquées par ces criminels :

  • 4000 roubles (environ 90 Euros) pour spammer 1 million d'adresses d'entreprises de Moscou.
  • 12000 roubles pour spammer 6 millions de particuliers sur Moscou.
  • 18000 roubles pour spammer 10 millions de particuliers dans toute la Russie.


Mais le service n'est pas limité à la Russie : des tarifs sont fournis par pays. Ainsi, cela reviendrait à 7000 roubles pour spammer 3 millions de particuliers français.

D'un point de vue technique, Pushdo/Cutwail est plutôt bien programmé, et tente de se dissimuler au mieux sur un système infecté : opérations minimales d'écriture sur le disque de la victime (la plupart des informations sont stockées en mémoire et non sur le disque), et son code varie très fréquemment. En plus de ses fonctionnalités de spam, Pushdo peut déposer d'autres malware sur le système infecté, permettant ainsi de générer d'autres revenus pour ses propriétaires : un service de distribution de malware. D'autre part, il embarque un module de sniffing qui lui permet de faire de la collecte d'adresses e-mail, alimentant probablement les listes ciblées établies par ses exploitants. Ce réseau va même jusqu'à proposer à ses clients de leur créer des sites web, pour que leurs spams gagnent en crédibilité...

De nombreux éléments dans l'enquête de Trend laissent à penser que ses auteurs et ses exploitants sont russes. Notamment une clef de chiffrement contenue dans le malware, qui se révèle être une phrase russe écrite à l'envers et pouvant être traduite par "screw you my friend".

Quant au site principal des auteurs, son hébergement varie. J'ai effectué une recherche rapide et pu trouver très rapidement 135 autres noms de domaines hébergés au même endroit (actuellement en Allemagne), dont voici la liste:

0yandex.ru

1spam.ru

2009-rosmould.ru

abusehost.ru

abushost.ru

abuz-host.ru

abuzhost.ru

advert1.ru

akrobo.ru

allo-intim.ru

analyzersrlp3.ru

balashcity.ru

balashclty.ru

balashhouse.ru

balashlhouse.ru

balashouse.ru

bal-ka.ru

ballashouse.ru

bldroup.ru

bl-roup.ru

bluectone.ru

buildhost.ru

cammin.ru

clulbclha.ru

collortrac.ru

delaemsayti.ru

detmirru.ru

devisex.ru

ecopane1.ru

email-advert.ru

email-spam.ru

emailspam.ru

email-s.ru

engl4u2.ru

enterboom.ru

eralash-megashou.ru

evroreklama.ru

farma-reklama.ru

fingertru.ru

flowermagazin.ru

forumdeneg.ru

forum-it.ru

giftoportal.ru

goohost.ru

gooreklama.ru

granlt-m.ru

gssotravell.ru

halljas.com

hotellmetallurg.ru

hot-english.ru

hruhru.ru

igrushki-detiam.ru

inet-email.ru

inter-reklama.ru

isuzu-darom.ru

kdr-english.ru

kompforum.ru

kompkatalog.ru

lky-ky.ru

llght-decor.ru

madeforwomen.ru

magazinreklamy.ru

magicstaffmed.ru

mailadvertising.ru

mailer1.ru

med-consulting.ru

metalstuff.ru

mnogonarodu.ru

neintim.ru

ns1.buildhost.ru

online-email.ru

online-korp.ru

online-mail.ru

online-mas.ru

online-master.ru

online-million.ru

online-standart.ru

online-start.ru

online-vzlet.ru

origtovary.ru

peklama-best.ru

pereplanlrovka.ru

pingov.ru

poligrafarsenal.ru

polligrafarssenal.ru

polligralfarsenall.ru

poslh-slhop.ru

ppkurort.ru

precisely.ru

printarsenal.ru

proektclty.ru

projekt-online.ru

rassilka-online.ru

reklamict.ru

reklmagazin.ru

reseller-soft.ru

rosmould-2009.ru

rucasinoru.ru

rucvetokru.ru

ruintimru.ru

rukinomania.ru

saitbaz.ru

seminar-on-line.ru

seomagnat.ru

setevaya-reklama.ru

setevayareklama.ru

shablon1.ru

sitepostroim.ru

sklb-trm.ru

smszasex.ru

spam502.ru

spamarena.ru

spam-magazin.ru

spamonline.ru

spmagazin.ru

spmmagazin.ru

stroyka-best.ru

stroy-systems.ru

super-fuel-max.ru

super-kvartiry.ru

super-mailer.ru

super-rassylka.ru

svet-rus.ru

testcenterrt.ru

topspam.ru

turistmag.ru

video77.ru

vldeo-girl.ru

wmir.biz

yandex1.ru

zemli777.ru

zemlya777.ru

zmailer.ru

zvezdam.ru

La plupart des noms sont suffisamment explicites... Un joli nid bulletproof à services de spam, parmi autres joyeusetés. Je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas aller y naviguer, la probabilité qu'ils propagent du malware n'étant pas négligeable...

Nul doute en tout cas que nos boites aux lettres vont continuer à souffrir de ce genre de services à la demande.

mardi, mars 31 2009

Forum International Cybercriminalité 2009


Je me suis rendu au FIC (Forum International Cybercriminalité) le 24 mars dernier. J'ai posté un compte-rendu de cet évènement sur le blog du CERT Lexsi ici.

Je tiens à saluer et remercier tous mes amis présents à cet évènement, en particulier mes amis belges Serge H, Christophe M, Olivier B, ainsi que David B, Franck V, Marc O (et ses anecdotes savoureuses), Solange B.F., David C, Georges L, Nicolas B, ainsi que toutes les autres personnes présentes avec lesquelles j'ai eu plaisir à discuter. A bientôt au FIC 2010, ou avant à Solutions Linux ! ;-)

mercredi, mars 4 2009

Narciscareware



Difficile de passer à côté des scareware ces derniers temps, même en ne travaillant pas dans la sécurité informatique ou la cybercriminalité.

Très succintement, un scareware est un logiciel qui se fait passer pour un respectable anti-virus mais n'en est pas un. Dans quel but ? Vous faire payer pour une license, ou même infecter votre machine et ainsi vous voler de la donnée...

Toute une économie souterraine est alimentée par ce type de maliciel, qui peut se révéler très lucratif pour certains escrocs. Une excellente étude du phénomène a d'ailleurs été publiée par Joe Stewart de SecureWorks il y a quelques temps.

Plus récemment, j'ai lu un article de Dancho Danchev qui m'a d'abord fait rire, avant de me dire que comme d'habitude, les fraudeurs avaient décidément beaucoup d'imagination...

Il est fait état d'un rogue anti-virus (scareware donc) nommé "Anti-Virus 1" qui une fois installé sur votre poste modifie certaines de vos navigations... En l'occurence, le logiciel procède en effectuant une légère modification du fichier host de votre système Windows. Le résultat ? Simple : lorsque vous naviguerez vers zdnet, toptenreviews, pc mag, pc pro, et j'en passe, vous verrez en fait une fausse page vantant les mérites... d'autres scareware !

Une méthode simple et probablement efficace de donner de la crédibilité à des applications néfastes...

J'en profite donc pour rappeller une bonne pratique pour les nouveaux-venus dans le monde informatique, qui sont les principales victimes de ce phénomène de scareware :

N'utilisez que des solutions anti-virales *connues* ! Et surtout, en cas de doute, plutôt que de télécharger et d'installer un anti-virus trouvé sur Internet, demandez son avis à quelqu'un qui a un peu plus d'expérience dans le domaine.

mercredi, janvier 7 2009

Prévisions Cybercriminalité 2009



J'ai posté hier mon estimation de l'évolution de la cybercriminalité en 2009 sur le blog du CERT Lexsi. Je vous renvoie donc là-bas si ça vous intéresse... ;-)

lundi, janvier 5 2009

MISC 41


Youpi, MISC 41 est sorti.

Ce numéro fête les 7 ans du magazine et comprend un dossier très intéressant : "La Cybercriminalité ... Où quand le net se met au crime organisé"

Vous y trouverez un de mes articles, intitulé "Blanchiment d'argent sur Internet". Je n'en dis pas plus ... ;-)

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