Sous ce titre-citation d' iRobot, qui me semble approprié, j'ai décidé de faire un petit post blog rapide pour vous signaler la sortie d'un petit papier intitulé "The Mandiant with a plan – high-profile threat report, new products" publié par 451Research.

Ce post fait suite à mon post précédent qui faisait une synthèse rapide de la publication de Mandiant sur le groupe d'attaquants "APT1".

De nombreuses discussions ont eu lieu dans la communauté de réponse à incidents ces dernières semaines suite à cette publication, et de nombreux tweets ont vu le jour. Des tweets ont glorifié Mandiant pour ce paper, d'autres les ont critiqués, voire insultés, mais une chose est sûre, Mandiant n'a laissé personne indifférent.

Mes plus grandes interrogations n'ont pas porté sur les faits révélés, mais plutôt sur la conséquence de ces révélations. Pourquoi abattre toutes ses cartes et montrer à son ennemi ce que l'on détient sur lui ?

Mandiant a indiqué ses motifs dans sa publication, je me suis permis de mettre en gras les parties qui me semblent importantes :

"It is time to acknowledge the threat is originating in China, and we wanted to do our part to arm and prepare security professionals to combat that threat effectively. The issue of attribution has always been a missing link in publicly understanding the landscape of APT cyber espionage. Without establishing a solid connection to China, there will always be room for observers to dismiss APT actions as uncoordinated, solely criminal in nature, or peripheral to larger national security and global economic concerns. We hope that this report will lead to increased understanding and coordinated action in countering APT network breaches."

En gros, il était temps de montrer la Chine du doigt, pour ne plus laisser place aux doutes. Mandiant a voulu aider la communauté dans la lutte anti-APT.

Mandiant a également indiqué s'attendre à des représailles, critiques, et changement de tactique des attaquants.

Je crois que c'est ce que nous avons tous pensé, nous les "incident responders", en lisant le document : les attaquants vont changer leurs techniques, leurs outils, leurs malwares, leurs enregistrements de domaines, etc.etc.

Mandiant s'est ainsi attiré la haine de chercheurs travaillant sur le sujet, qui pestent en attendant de voir (ou pas) les techniques des attaquants changer. Tout au moins ces attaquants-là, APT1.

Reste que la volonté d'aider la communauté est louable, même si ça embête tout le monde. On peut cependant se demander où se place cette noble volonté, lorsque quelques jours après la publication du rapport, Mandiant lance deux nouveaux services : Mandiant for Security Operations (un genre de SOC à base d'IOCs), et Mandiant Intelligence Center.

Cet intelligence Center, d'un coût variable (entre 120 000 et 280 000 Euros à l'année), permettrait aux clients y souscrivant de pouvoir disposer de toute la base de connaissance de Mandiant : IOCs, souches de malwares, listes de domaines frauduleux, profils des attaquants ... En gros, exactement ce qui a été fourni dans le rapport "APT1" et son annexe.

Je ne me hasarderais à aucun commentaire sur ces méthodes, et conclurais mon propos en citant un petit extrait du rapport de 451Research :

"Publishing the report sent a message that Mandiant was confident enough not to care about revealing its hand to the Chinese, even if it meant losing all the current IOCs, but it also sent a message to the intelligence community at large.

We're not going to see boxes of tissues being passed around; the security intelligence community is a tough one. But Mandiant will probably have to make its intentions clearer: whether its priorities are to collaborate with its peers (and occasionally take one for the team), or to promote itself at their expense."